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6/8 Célébrons ensemble les femmes inspirantes du territoire !
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Du 1er au 8 mars, à l’occasion de la Journée Internationale des Droits des Femmes, la CCTLB met à l’honneur 8 femmes de notre territoire à travers des portraits uniques qui dévoilent leurs parcours, leur expérience et leur vision de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Découvrons Mireille, fondatrice du site « Etat Nature » à Magnières.
Parlez-nous de votre parcours : quelles ont été les étapes marquantes de votre carrière ?
Après 30 ans passés dans le secteur social, où j’ai occupé la fonction de directrice de pôle médico-social dans les Vosges, j’ai éprouvé, à un moment donné, le besoin de changement. Mon travail se passait très bien, mais un rêve que je nourrissais depuis longtemps me trottait dans la tête : ouvrir un camping. Alors qu’il me restait une dizaine d'années de carrière, je me suis retrouvée face à un dilemme : continuer dans une voie professionnelle où je risquais de m’épuiser, ou me lancer dans une nouvelle aventure ?
J’ai d’abord tenté un premier projet dans les Vosges, qui n’a malheureusement pas abouti, avant de découvrir un camping à vendre à Magnières. Là, l’accueil chaleureux de la municipalité et le soutien de financements publics m’ont permis de concrétiser mon projet, baptisé « Etat Nature ». Je me suis lancée officiellement le 1er mars 2000, juste avant le confinement. Autant dire que le démarrage a été un peu plus long que prévu ! Les banques étaient très frileuses à l’époque, ce qui m’a poussée à revoir mon budget initial. Cependant, ce fut avant tout un véritable travail collectif : j’ai pu compter sur ma famille, mes amis, des chantiers collaboratifs, et pour équiper le site, j’ai privilégié l’achat de matériel d’occasion. Tout cela s’est fait dans le respect de ma philosophie.
Aujourd’hui, je peux dire que cette reconversion professionnelle représente une étape marquante de ma carrière, et surtout, une belle réussite. Je dirige une petite entreprise 100 % féminine, à l’exception des prestataires extérieurs, et cela fonctionne !
Avez-vous rencontré des défis spécifiques en tant que femme dans votre domaine professionnel ?
En tant que directrice d’établissement médico-social, j’ai été confrontée à de nombreux défis. Dans ce secteur, bien que les femmes représentent 80 % des professionnels, elles ne sont que 20 % à occuper des postes de direction. Pour évoluer, il faut faire preuve de charisme et de personnalité.
Lors de la création de mon entreprise, j'ai également rencontré des difficultés, notamment pour convaincre les banques. Le fait d’être une femme, de ne pas provenir du secteur de l’événementiel ni de la restauration, et surtout de me lancer en pleine période de crise sanitaire, a rendu le lancement de mon projet encore plus complexe. Ce fut un véritable défi ! Cependant, avec le temps et l’expérience, il devient plus facile de s’imposer et de surmonter les obstacles.
Aujourd'hui, je m’épanouis pleinement dans ce que je fais. J’ai vu mon projet se développer, grandir et se concrétiser. Lors d’une reconversion professionnelle, ce qui compte avant tout, c’est de rester fidèle à ses envies et ses valeurs. Cette approche a fait ses preuves pour moi.
Au niveau de la société, quelle est votre perception de l’évolution des droits des femmes à ce jour ? Quels progrès avez-vous constatés, et quelles transformations espérez-vous voir dans un avenir proche ?
Malgré les progrès réalisés, de nombreuses inégalités persistent encore, en particulier en ce qui concerne les disparités salariales, la violence ou encore la représentation des femmes, tant dans le domaine politique que professionnel.
En tant que cheffe d’entreprise, mon expérience m’a amenée à constater une réalité préoccupante : dans l’esprit collectif, il semble inimaginable qu’une femme puisse réussir seule. Cette idée profondément ancrée dans les mentalités fait que beaucoup de gens pensent que je ne suis pas seule à la tête de mon projet « Etat Nature », alors que c'est bien le cas. On continue à entretenir cette image de la femme en second rôle, même dans le domaine politique où, trop souvent, la femme est perçue comme celle qui accompagne.
Cependant, la réflexion sur la place des femmes par rapport à celle des hommes ne doit pas se réduire à une simple confrontation des droits. Il ne s'agit pas seulement de parler d'inégalité, mais de viser une véritable équité entre les sexes, dans le respect de la justice sociale. Les femmes et les hommes doivent être complémentaires, et non rivaux.